Ostéopathie et constipation

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Ostéopathie et constipation

La constipation est assez répandu puisque 20 % des Français, quel que soit leur âge peuvent en être victime. Ce sont les femmes qui sont les plus touchées.

C’est un trouble digestif plus ou moins grave qui peut être occasionnel ou chronique.

Elle se manifeste par un ralentissement du transit intestinal s’associant à une diminution des quantités de selles, une consistance anormale de celles-ci et une difficulté d’expulsion. Finalement, on se retrouve avec une paresse intestinale (du côlon surtout) et un dessèchement des selles, ce qui complique leur expulsion.

Certaines personnes présentent une fréquence d’émission des selles faibles mais aucune difficulté à les expulser. On ne parle pas de constipation mais de « colon paresseux » ; c’est leur métabolisme.

Une constipation peut avoir une cause plus ou moins grave et c’est pour cela qu’un diagnostique posé par un médecin traitant est vivement conseillé avant toute séance chez votre ostéopathe.

Pour toutes constipations dites organiques (qui seraient la conséquence d’une maladie), une prise en charge médicale adaptée sera alors nécessaire. L’ostéopathie viendra ensuite en complément d’un traitement médical spécifique. C’est le cas dans les cancers colo-rectal, la sténose anale, l’occlusion intestinale, l’insuffisance rénale chronique, l’hypothyroïdie, le diabète, la maladie de Parkinson, ou la sclérose en plaque…

Certains médicaments, comme des antidépresseurs ou des antalgiques, pourront aussi favoriser la constipation.

Pour toutes les autres constipations dites idiopathiques (sans lien avec une maladie), l’ostéopathie se révélera être un très bon recours.

Constipation - Symptômes

Les symptômes de la constipation chez l’enfant sont les mêmes que chez l’adulte.

Le corps médical estime qu’il y a véritablement une constipation problématique lorsque les selles sont inférieures à 3 par semaine chez l’adulte et à 1 (selle non dure) par jour chez le nourrisson.

Les signes de la constipation sont :

-des selles déshydratées (sèches et dures).

-des efforts importants à la défécation.

-des douleurs à l’évacuation avec quelques petits saignements.

-des sensations d’évacuations incomplètes. 

-des douleurs abdominales, ballonnements.

-une digestion difficile.

-une émission importante de gaz.

-une diminution de l’appétit.

Constipation - Causes et Conseils

L'alimentation inadaptée

C’est le premier levier sur lequel vous vous devez d’agir. Notre alimentation moderne nous fait perdre de vue l’importance physiologique d’une bonne alimentation. Nous ne mangeons plus en conscience ou par besoin, mais par plaisir de manger. Notre alimentation moderne est très riche en glucides (sucres) et trop pauvre en fibres.

Le manque de fibres dans l’alimentation est une des causes de la constipation. Les fibres se trouvent dans les légumes, les légumineux (lentilles, pois chiche…), les fruits et les céréales complètent.

Au contraire, les aliments qui favorisent la constipation sont le chocolat, le riz, les carottes, les bananes, la purée de pomme de terre, les céréales non complètes, le sucre, les sodas et les aliments transformés. Cependant, leurs effets sont très variables d’une personne à l’autre. Pas question donc de supprimer arbitrairement tel ou tel produit de son alimentation. Mieux vaut s’efforcer d’être à l’écoute de son corps et prendre le temps de repérer les aliments qui lui conviennent le mieux.

Adaptez aussi vos portions et prenez le temps de manger. Plus vous manger vite, moins vous mâchez et donc moins vos aliments seront prédigérés. Votre digestion sera longue et le risque de constipation élevée.

L'hydratation insuffisante

Le rôle de vos intestins est d’absorber l’eau des aliments que vous ingérez.

Si vous enlevez l’eau à un aliment, il devient très dur. C’est ce qui se passe lorsque vous êtes constipé : toute l’eau a été absorbée et il ne reste qu’un amas de déchets déshydraté et très dur.

Idéalement, il est conseillé de boire 1,5 litre d’eau par jour en plus de l’eau fournie par les aliments.

Le matin au levé, buvez un grand verre d’eau ; cela stimule la fonction d’évacuation et réveil la fonction digestive.

Il faut bien entendu boire plus en cas d’activité physique ou de grosse chaleur ; les quantités peuvent facilement doubler.

Le facteur émotionnel

On surnomme le système digestif « le deuxième cerveau », et ce n’est pas pour rien.

Les émotions ou de simples résistances émotionnelles peuvent provoquer des troubles digestifs et en particulier la constipation. Elle est souvent liée à un conflit dit « de crasse », un sale coup qu’on ne parvient pas à dépasser, c’est-à-dire « à évacuer ». Le stress joue aussi un rôle important.

Il sera important pour vous de verbaliser le problème.

L'activité physique insuffisante

La problématique est la sédentarité. Les mouvements corporels et l’activité physique favorisent le massage du système digestif et donc stimule sa fonction. De plus, pour se contracter efficacement, les intestins ont besoin d’être bien oxygénés et maintenus par une sangle abdominale tonique. Sans compter que se dépenser permet de mieux gérer le stress, facteur aggravant bien connu. Il est donc essentiel de bouger tous les jours.

Le minimum ? Trente minutes de marche quotidienne, de préférence après les repas. Il faudrait, dans l’idéal, compléter avec une activité sportive hebdomadaire.

Une respiration inadaptée

La respiration est garante d’une bonne digestion.

Lorsque vous inspirez votre diaphragme descend, repousse vos organes vers le bas, ceux-ci ne pouvant descendre fuient vers l’avant et votre ventre gonfle. Lors de l’expiration, le diaphragme remonte et les organes reviennent à leur place.

Ce va-et-vient du diaphragme permet un massage du système digestif et sans lui la digestion serait impossible.

Lorsque le diaphragme se spasme, il reste en position basse et prend appui sur les organes de votre ventre. Le va-et-vient est moins ample et le massage moins important. La pression appliquée sur vos organes augmente, leur mouvement diminue et donc le transit ralenti.

Pour une digestion optimale, réapprenez à respirer :

-Allongez-vous sur votre lit, une main sur le ventre.

-Prenez de l’air dans vos poumons en gonflant le ventre, lentement et de manière détendue.

-Expirez lentement, le plus lentement possible, sans retenir l’air et sans contracter les abdominaux.

Le but de cet exercice est à la fois de masser votre système digestif, mais également d’étirer votre diaphragme.

Se retenir d'aller aux toilettes

Se retenir d’aller à la selle est une cause de constipation. Alors pour éviter de vous retrouver dans un endroit ou vous ne pouvez aller aux toilettes, éduquer vos intestins en allant à la selle à heures fixes (le matin ou le soir par exemple). Pour cela, posez-vous sur le trône même si vous ne ressentez pas le besoin d’aller à la selle, et attendez un peu ! Au début, vous n’évacuerez rien, mais avec le temps, votre colon comprendra que c’est le moment d’évacuer les selles.

Une mauvaise position sur le trône

Eh oui ! On ne vous l’a peut-être jamais dit, mais vous vous y prenez mal !

La position classique que le monde moderne nous impose en étant assis sur les toilettes, met en tension le muscle puborectal qui créer un coude entre le rectum et l’anus et empêche la bonne évacuation des selles.

La solution ? Faire caca comme faisaient nos ancêtres dans la nature, c’est-à-dire accroupie ! Pour cela, placer un petit tabouret sous vos pieds de manière à élever les genoux et à faciliter l’évacuation. Ainsi, plus besoin de forcer.

Les hormones

A cause des hormones, les femmes sont plus sujettes à la constipation que les hommes. Les perturbations hormonales ou les menstruations peuvent donc favoriser la constipation.

Constipation - Le traitement ostéopathique

L’ostéopathe va utiliser un ensemble de techniques viscérales afin de relancer la mobilité et la motilité du colon. Il va équilibrer le cadre colique et équilibrer le colon par rapport aux organes environnants. Il va décongestionner, lever les adhérences du colon et harmoniser les fasciæ reliant le côlon à la paroi postérieure de l’abdomen. Et enfin il va favoriser la bonne vascularisation abdominale.

L’ostéopathe vérifiera la bonne mobilité du diaphragme qui brasse les organes à chaque respiration ainsi que les muscles psoas établissant un lien important entre viscères, vertèbres et bassin.

De plus, les viscères ont des dizaines d’attaches avec le bassin et les lombaires. Un manque de mobilité de ces structures aura donc un impact sur le bon fonctionnement des organes digestifs (et inversement ! Des tensions viscérales peuvent impacter la bonne mobilité des structures osseuses environnantes).

Les organes, pour fonctionner de manière optimale, doivent être dirigés par un chef d’orchestre (le système nerveux) qui délègue son travail aux petites mains (les nerfs).

Si un nerf alimentant un organe se retrouve comprimé ou gêné dans son trajet, l’information transmise à l’organe ne se fera pas de manière optimale et pourra ralentir le travail de cet organe : dans le cas des intestins, c’est une constipation. L’ostéopathe cherchera à identifier le ou les nerfs responsables et se chargera de trouver la cause de la compression pour vous en libérer. Le colon est innervé par le nerf vague qui sort du crâne, les nerfs splanchniques pelviens issus du sacrum, et des nerfs issus des vertèbres lombaires.

Les zones investiguées par l’ostéopathe seront donc le crâne, le bassin (iliaque et sacrum), et la colonne lombaire.

Notre cerveau, sorte de grand patron de notre organisme, influence aussi profondément les viscères. Les stress physiques et psychoémotionnels sont donc susceptibles de créer des tensions chez les différents organes de notre organisme. L’ostéopathe cherchera à comprendre les émotions qui vous affectent et libérera le tissu conjonctif pour que vous puissiez retrouver un meilleur équilibre.

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